Les objectifs poursuivis par l'équipe scientifique

 

 

De la disparition programmée…

L’Europe a définitivement perdu 3 de ses cinq grandes espèces d’ongulés : l’aurochs, le tarpan et l’âne sauvage tandis que le bison n’a plus qu’une aire de répartition très restreinte (Pologne, Biélorussie et peut être Caucase). Seul, l’élan peut encore parcourir de vastes étendues en Scandinavie et en Russie.


Pour les espèces plus petites, cerfs, chamois, chevreuil, bouquetin et même sanglier, la situation n’était guère plus brillante en France, avant 1950.

…au retour des petits ongulés favorisé par la déprise agricole.

Depuis, la déprise agricole a favorisé l’extension de la forêt et le retour de ces herbivores et de leurs prédateurs, en particulier dans les massifs montagneux.

Selon l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, 70 000 chamois, 30 000 isards et 8 000 bouquetins peuplent les parcs de montagne et 150 000 cerfs l’ensemble forestier du pays, avec d’ailleurs de grandes disparités régionales.

 

S’il faut se réjouir de cette remontée des effectifs, il n’en demeure pas moins que notre pays possède un espace naturel capable de supporter une population de cerfs sans doute supérieure au million (La lettre de Forêts sauvages - G. Cochet - Octobre 2008). Quant aux populations de chamois, bouquetins et mouflons, elles pourraient être facilement doublées dans les Parcs nationaux si elles n’y subissaient pas la concurrence déloyale des troupeaux domestiques !

Une ressource, malgré tout, oubliée !

La faune demeure une ressource oubliée par les autorités, en France comme dans la plupart des pays européens. Il n’existe aucun projet d’envergure pour l’intégrer dans les schémas d’aménagement territoriaux. Son statut juridique est incertain et sa « gestion » assurée par un ensemble d’acteurs aux intérêts contradictoires : chasseurs, agriculteurs, forestiers ou écologistes. La faune est pourtant un acteur majeur et indispensable de la dynamique des espaces naturels.

La Réserve des Monts d’Azur a pour objectif de :


1- Démontrer la nécessité de la présence des grands herbivores dans les écosystèmes français et européens.

L'amélioration spectaculaire du milieu naturel démontre, s'il en était besoin, toute l'importance de la présence en nombre d'animaux sauvages. Ils sont seuls capables, grâce à leurs remarquables adaptations aux conditions les plus dures, de valoriser une prairie ou une forêt. Mieux, ils l'enrichissent parce qu'ils peuvent utiliser, contrairement aux ongulés domestiques, la totalité des plantes disponibles, de la graminée la plus pauvre à la légumineuse la plus riche.
2- Désamorcer le conflit faune sauvage/homme

Ce conflit, très ancien, est particulièrement exacerbé en France où peu d'espèces sauvages ont le droit de cité. Nos voisins allemands, italiens ou espagnols ont réussi à conserver le loup, le lynx ou l'ours. Il en découle un important tourisme animalier qui n'existe pratiquement pas en France.


A l'heure où le tourisme de proximité va se développer, serait-il complètement utopique d'envisager que la France, première destination touristique mondiale, consacre une partie de son territoire au sauvage et que des espèces emblématiques retrouvent les territoires dont elles ont besoin ?


Est-il si difficile de vivre avec le bison, le cheval sauvage, le loup ou le lynx alors que les Africains ou les Indiens cohabitent avec l'éléphant, le buffle, le lion ou le tigre?

3- Utiliser la faune sauvage comme moteur d'activités économiques durables

Les espèces disparaissent à un rythme tel que la question de la survie de la grande faune européenne est bel et bien posée. En Europe, une espèce de mammifère sur six est menacée d'extinction et une sur trois en déclin. Ainsi le Bouquetin des Pyrénées (Capra pyrenaica) s’est-il éteint en 2000 en France et en Espagne !

 

Pourtant, la déprise agricole libère partout de nombreux espaces et le retour de la grande faune représenterait une solution très intéressante pour leur entretien et l'instauration dans ces zones fragiles d'activités économiques nouvelles, respectueuses de l'environnement. La Réserve des Monts d'Azur en est un exemple.

Venez vivre des instants magiques
 avec des animaux qui sont notre héritage culturel.

Texte : Patrice Longour – Photos : Baptiste Vivinus



avec le soutien de: